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L’intérêt général et la lutte contre la corruption

S.E. Paul BIYA

Président de la République

Les peuples qui ont connu la domination coloniale développent souvent deux types de réactions, soit ils subissent sans gémir le joug de la domination, soit ils entreprennent des formes de résistance. Les peuples vivant sur le territoire qui deviendra le Cameroun sont plutôt de la seconde catégorie. Ces formes de résistance allaient de la désobéissance à la résistance armée. La désobéissance vis-à-vis de l’ordre colonial était une forme d’héroïsme.

 La chose publique était considérée comme appartenant à l’étranger, le colon, de sorte que l’abîmer ou la soustraire relevait toujours de cette forme d’héroïsme.​Les biens de la collectivité appartenaient au colon « Ngomna» et en profiter outre mesure relevait de la résistance vis-à-vis de la puissance dominatrice.​ Une fois l’indépendance acquise, il aurait fallu éduquer et apprendre aux populations que ce qui appartenait au colon hier appartient désormais à l’Etat camerounais et donc à son peuple. Cet exercice n’a jamais été fait et les Camerounais ont continué à considérer la chose publique comme appartenant à un être désincarné et hors du Cameroun. On parle ainsi du téléphone de l’Etat en transformant les bureaux de l’administration en cabine téléphonique au service de la famille et des amis, de la maison de l’Etat que l’on laisse tomber en ruine quand on ne décide simplement pas de l’abimer, de la voiture de l’Etat qui ne sert plus au service public mais que l’on utilise pour toute sorte de courses n’ayant aucun lien avec le service, des finances publiques que l’on hésite pas à confondre avec ses avoirs privés.​ Les biens de la collectivité appartenaient au colon « Ngomna» et en profiter outre mesure relevait de la résistance vis-à-vis de la puissance dominatrice.​ Il va donc falloir rééduquer les Camerounais et se réarmer moralement afin d’éradiquer ces comportements contraires à tout début de commencement de développement du bien-être collectif.

Ce réarmement moral devra évidemment aller de pair avec la dématérialisation de nombreux services pour éviter au maximum les contacts entre les administrations et les administrés. Les sanctions pénales doivent être accrues mais aussi l’adoption de lois sur l’enrichissement illicite et les délits d’initié. Dans la même optique, on pourrait imaginer un certain nombre de réformes qui contribueraient à résoudre le problème de la corruption dans notre pays, notamment :

En fait, il faut créer une conscience de la corruption au Cameroun.

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